01.06.2008

Irak : Enquête de l'armée US après des accusations de prosélytisme chrétien

66500872.jpgSelon une note de l'AFP datée du 30 mai, l'armée américaine en Irak a annoncé vendredi avoir ouvert une enquête sur l'un de ses soldats, soupçonné de "conduite inappropriée" et accusé de prosélytisme chrétien par des habitants musulmans sunnites de la ville de Falloujah.

"Un membre des forces de la coalition a été suspendu de ses fonctions jeudi après des plaintes de citoyens de Falloujah (50 km à l'ouest de Bagdad) faisant état d'une conduite inappropriée", indique un communiqué du commandement américain.

"Une enquête a été ouverte sur ces accusations selon lesquelles une médaille portant une inscription biblique écrite en arabe a été distribuée à des Irakiens sur un point d'entrée de Falloujah. Si ces accusions sont confirmées, une décision appropriée sera prise", conclut le texte sans autre précision.

La région sunnite de Falloujah est un ancien bastion de l'insurrection sunnite et de la branche irakienne d'Al-Qaïda, pacifiée après le recrutement par l'armée américaine en 2007 de miliciens sunnites, la plupart des anciens insurgés, pour lutter contre l'organisation extrémiste.

Il y a une semaine, l'armée américaine avait annoncé avoir renvoyé un de ses militaires qui avait tiré sur un exemplaire du Coran lors d'une séance de tir dans la périphérie ouest de Bagdad. Le président George W. Bush s'était ensuite excusé auprès du Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki.

Commentaire : En fait, l'Amérique baisse son froque face à l'islamisme... La solution au terrorisme islamique, ne serait-elle pas la conversion des musulmans au christianisme ?

15.05.2008

France : les 7 prévenus de la filière irakienne condamnés

663797302.jpgFin mars 2008, 7 prévenus (5 français, un marocain et un algérien) ont été jugés devant le tribunal correctionnel de Paris pour leur participation présumée à une filière d'acheminement de djihadistes vers l'Irak. Hier, mercredi 14 mai 2008, ces derniers ont été condamnés à des peines allant de 3 ans, dont 18 mois avec sursis, à 7 ans d'emprisonnement.

Ces 7 hommes ont été jugés pour "association de malfaiteur en relation avec une entreprise terroriste". Ils encouraient jusqu'à 10 ans  d'emprisonnement. Les 7 prévenus, lors des débats, avaient tous démentis (takia) leur participation à un quelconque réseau.

Les condamnations :

1/ Farid Benyettou : Prédicateur âgé de 27 ans, français. Condamné à 6 ans d'emprisonnement assortie d'une période de sûreté des 2/3. Le jugement de la 14ème chambre du trinunal correctionnel stipule que cet homme est "l'idéologue et l'un des organisateurs d'un groupe qui avait pour objet d'envoyer des jeunes du 19ème arrondissement de paris combattre en irak". Ce même jugement précise aussi : "Outre son influence religieuse par des cours favorables au djihad (guerre sainte contre les mécréant, entendre les occidentaux - ndlr) en général et au départ en Irak en particulier,(il) participait à la préparation dudit départ, en faisant en sorte que les futurs combattants s'entraînent physiquement et suivent des cours relatifs au maniement des armes, en leur fournissant les coordonnées de correspondant en Syrie susceptibles de les prendres en charge et de les faire passer en Irak".

2/ Boubakeur el-Hakim : 24 ans, français. Considéré par le tribunal comme l'un des cerveaux du réseau. Condamné à 6 ans d'emprisonnement assortie d'une période de sûreté des 2/3.

3/ Saïd Abdellah : 40 ans, marocain. Condamné à 6 ans d'emprisonnement assortie d'une période de sûreté des 2/3. Il était l'agent recruteur du réseau. Le verdict précise : Il a "très activement participé, notamment en tant qu'agent recruteur". Aussi condamné à une interdiction définitive du territoire français.

4/ Nacer Eddine Mettai : 37 ans, algérien. Poursuivi pour avoir fourni des faux papiers aux djihadistes. Condamné à 4 ans de prison. Cette peine a été confondue avec sa condamnation en 2006 à 6 ans de prison pour falsification, par la Cour d'Appel de Versailles. Aussi condamné à une interdiction définitive du territoire français.

5/ Mohamed el-Ayouni : 25 ans, français. Djihadiste. Comparution libre. Condamné à 3 ans de prison dont 18 mois avec sursis. Du fait de sa détention provisoire, il ne retournera pas en prison. (Cet homme a perdu un bras et un oeil en Irak - ndlr)

6/ Thamer Bouchnak : 25 ans, français. Djihadiste. Comparution libre. Condamné à 3 ans de prison dont 18 mois avec sursis. Du fait de sa détention provisoire, il ne retournera pas en prison.

7/ Chérif Kouachi : 25 ans, français. Djihadiste. Comparution libre. Condamné à 3 ans de prison dont 18 mois avec sursis. Du fait de sa détention provisoire, il ne retournera pas en prison.

08.05.2008

Irak : Les attentats suicide par des femmes vont augmenter

66500872.jpgLes attaques suicide commises par des femmes en Irak ont été aussi nombreuses en 2008 qu'au cours des cinq années précédentes et elles vont augmenter dans les mois prochains, estime une spécialiste américaine du terrorisme, Farhana Ali.

Dans un entretien à l'AFP, cette experte originaire du Pakistan, juge que ces femmes sont de plus en plus nombreuses à être candidates à la mort en raison de la dégradation de la situation dans leur pays.

"Les femmes mènent des attaques pour protester. En Irak, elles protestent contre la perte de leurs hommes, la perte de leur société et la perte de leur pays", résume Farhana Ali.

"Entre janvier et avril, il y a eu 12 attentats suicide par des femmes en Irak. C'est une forte augmentation", précise-t-elle, en marge d'un séminaire annuel, cette semaine à Washington, de l'association des psychiatres américains à qui elle a fait part de ses recherches.

Entre l'invasion de 2003 et 2007, onze femmes avaient commis ce type d'attentat.

"Tant que le conflit continuera, vous verrez de plus en plus d'instabilité en Irak et les femmes en seront de nombreuses victimes - vous verrez davantage de femmes en Irak choisir le terrorisme suicide dans les prochains mois", ajoute-t-elle, indiquant mettre en garde l'administration américaine contre cette menace depuis 2005.

"Cela ne fait que deux mois que nous portons une attention sérieuse à ce problème. Pourquoi? Parce que les assaillantes en Irak contreviennent à nos efforts pour la paix et la stabilité dans ce pays".

Selon elle, cette évolution vient notamment de la mise à l'écart progressive des femmes dans la vie irakienne depuis l'intervention américaine.

"Les femmes irakiennes ont été marginalisées lentement au fur et à mesure que le conflit se développait". "Elles étaient sur le devant de la scène de leur société, dans le gouvernement irakien, et nous les avons privées des opportunités" de prendre une part active dans la société. "Beaucoup sont parties mais celles qui sont restées sont aussi victimes de viol, de torture, d'enlèvement. Elles sont deux fois victimes", estime la spécialiste.

Lors du séminaire, Farhana Ali a jugé que les soldats américains étaient confrontés à une barrière culturelle lorsqu'ils avaient à repérer des femmes kamikazes.

"Un officier des Marines, de retour de Falloujah, m'a dit: +comment sommes-nous supposés détecter ces femmes si l'on nous apprend avant le déploiement à ne même pas les regarder?"

"L'Irak est un pays de veuves... où les femmes sont vulnérables et doivent se protéger et jouer le rôle d'homme et de femme à la maison, elles sont donc facilement exploitables", précise la spécialiste. Reste à savoir leur part de volonté lorsqu'elles commettent un attentat suicide, souligne Farhana Ali.

Si vous voulez pénétrer des organisations de femmes luttant pour le jihad, "il vous faut des officiers de police femmes, des femmes dans les forces de l'ordre irakiennes". "La plupart des commandants américains voient l'Irak comme une société où l'homme domine (...) mais les femmes sont pour moitié dans n'importe quelle société et nous devons nous en occuper si nous voulons une société stable", fait-elle valoir.