12.06.2008

France: accord des fournisseurs d'accès pour bloquer les sites pédophiles

pedophilie[1].JPGLa ministre française de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a annoncé mardi matin, 10 juin 2008, le blocage par les fournisseurs d'accès à internet (FAI) des sites pédophiles installés à l'étranger, un verrou supplémentaire pour "mieux sécuriser" les utilisateurs d'internet.

Les opérateurs ont tenu à préciser dans la soirée qu'ils étaient "d'accord sur le principe d'actions présenté par la ministre", mais ont ajouté qu'"à ce stade aucun accord n'a été signé".

"C'est l'Etat qui prendra la responsabilité d'informer les fournisseurs d'accès du contenu pédopornographique" des sites visés, avait annoncé la ministre, qui s'exprimait à l'ouverture des "Assises du numérique" à Paris, consacrées à la lutte contre la cybercriminalité.

Les fournisseurs seront avertis par la "plate-forme de signalement" des sites suspects (pédophilie, terrorisme, apologie du racisme, etc.) mise en place au sein de la direction centrale de la police judiciaire.

En 2007, la plate-forme française a reçu 14.465 signalements, dont 308 ont été transmis aux services d'enquête français et 1.552 à des services étrangers, via Interpol.

Tout en se défendant de créer "un big brother de l'internet", la ministre a affirmé vouloir "protéger les enfants et leurs familles contre les pédophiles" et renforcer la coopération avec les autres pays européens.

Cet aspect de la coopération internationale constitue l'une des "priorités" de la ministre, qui a dit vouloir "profiter de la présidence française de l'Union européenne" pour six mois, à partir du 1er juillet, pour renforcer la coopération et "la centralisation des informations".

Un forum d'experts policiers de 23 des 27 Etats membres vient de se réunir à Reims, pour préparer la création d'une "plate-forme européenne de signalement".

Mi-mai, au lendemain d'une rencontre à Londres avec les responsables britanniques de la lutte contre la pédopornographie sur internet, la secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, avait demandé aux fournisseurs d'accès de bloquer systématiquement les sites pédophiles, jugeant la France "en retard" par rapport à des pays comme la Grande-Bretagne ou la Norvège.

En octobre 2007, quelque 300 personnes, chefs d'entreprise, ouvriers, artisans, enseignants, éducateurs, commerçants ou militaires avaient été interpellées dans la plus vaste opération jamais montée en France contre des internautes soupçonnés de télécharger des images pédopornographiques.

09.05.2008

Le terrorisme et la gouvernance de l'Internet

Voici un nouveau document mis en ligne sur le Blog Renaissance44 dans la rubrique Documents Politiques à Télécharger :

Le terrorisme et la gouvernance de l'Internet

05.05.2008

Le camp d'entraînement virtuel des terroristes en Europe: Internet

286418659.jpgEUROPE. Coordinateur européen de la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove juge nécessaire de mettre la main sur Oussama ben Laden.
Stéphane Bussard
Mercredi 30 avril 2008

Mandaté pour coordonner la lutte antiterroriste au sein de l'Union européenne (UE) au lendemain des attentats de Madrid, Gilles de Kerchove participait mardi à un séminaire organisé par l'Université de Genève. Il dresse pour Le Temps un état des lieux des efforts de coordination.

Le Temps: Quatre ans après les attentats de Madrid, la lutte contre le terrorisme menée par l'UE est-elle efficace?

Gilles de Kerchove: La stratégie de l'UE repose sur quatre piliers: prévention, répression, protection et réaction. Pour les deux premiers volets, nous avons bien travaillé. Depuis le 11 septembre 2001 et Madrid, nous avons créé un mandat d'arrêt européen, Eurojuste et Europole; nous avons optimisé la coopération en matière de renseignement ainsi que la lutte contre le financement du terrorisme. Nous avons amélioré la définition du terrorisme.

- Les Etats de l'UE sont-ils prêts à réagir en cas d'attentat majeur?

- Des procédures européennes ont été établies pour organiser la mobilisation le cas échéant. Le Traité de Lisbonne contient une clause de solidarité qui oblige juridiquement les Etats de l'UE à mettre à disposition d'un Etat touché par un grave attentat tous les moyens nécessaires, par exemple des stocks de vaccins en cas d'attaque biologique.

- Le responsable américain du Homeland Security veut renforcer le régime des visas envers les Européens, car c'est en Europe, dit-il, que les foyers terroristes sont les plus actifs...

- Il ne faut pas exagérer l'ampleur de la menace. Mais avec les attentats de Madrid (2004) et de Londres (2005), on a dû constater que leurs auteurs étaient soit des ressortissants européens, soit des résidents de longue durée. Ce n'est pas rien, mais cette frange demeure très marginale. Notre rôle est d'éviter que les 99,9% de musulmans modérés basculent dans la radicalisation. Les Etats-Unis ont toutefois raison de muscler les dispositifs de contrôle aux frontières. Car pour arrêter les terroristes, il faut les prendre là où ils sont vulnérables: quand ils voyagent ou quand ils s'approvisionnent en argent. L'UE a aussi renforcé ses mesures en introduisant la biométrie dans les passeports. Elle va bientôt mettre en place VIS, un système d'information sur les visas.

- Quelles sont les menaces?

- Autour d'Oussama ben Laden, il y a toujours un noyau djihadiste déterminé qui ne peut plus lancer d'opération hiérarchisée, mais qui est un facteur d'inspiration. Tant que ce noyau trouve des sanctuaires dans le monde, la menace restera. C'est pourquoi nous collaborons étroitement avec le nouveau gouvernement pakistanais pour mettre la main sur Ben Laden. Il y a aussi le phénomène d'allégeance à Al-Qaida, comme Al-Qaida du Maghreb islamique. Il y a enfin les terroristes qui grandissent dans nos pays et qui se radicalisent par Internet.

- Quels sont les pays visés?

- Plusieurs pays de l'UE ont augmenté leur niveau d'alerte en lien avec des mouvements pakistanais. Des attentats à Barcelone, au Danemark, en Allemagne et en Grande-Bretagne ont pu être récemment déjoués. A notre connaissance, il n'y a pas de camps d'entraînement de terroristes dans l'UE. Mais il y a un camp d'entraînement virtuel: Internet.

Source : Le Temps.ch