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22.05.2008

Port autonome de Nantes/Saint-Nazaire : la CGT fait du "sabotage économique"

Le sénat entamait mardi l'examen du projet de loi sur la réforme des Ports autonomes. En présentant le texte, le secrétaire d'État aux Transports, Dominique Bussereau, a dénoncé «l'invraisemblable médiocrité de la France» en matière de transport maritime.

«Les ports n'appartiennent pas à la CGT, s'insurge un commissionnaire de transport. Ces personnes qui gagnent entre 4 000 et 5 000 euros par mois mettent en péril toute une filière.»

Depuis le 26 mars, les conducteurs de grue de déchargement actuellement employés des Ports autonomes mènent des grèves perlées doublées d'une «grève du ralenti». De leur côté, les dockers, qui sont devenus salariés de sociétés de manutention après la réforme de 1992, sont aussi en grève trois nuits par semaine.

Le trafic de produits pétroliers est également très perturbé. Sans compter la grève de jeudi dernier, Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières, évalue le coût global à 12 millions d'euros. «Tous les ans, on passe à la caisse, dit-il. Après les 25 millions de la grève de mars 2007, on s'achemine vers une ardoise phénoménale qui pèse sur les usines.»

À Nantes-Saint-Nazaire, agents maritimes, chargeurs et autres opérateurs ne sont pas optimistes. «Nous sommes dans un port où le mouvement est très dur. La CGT agite les peurs et cela peut durer encore longtemps» , déplore Charles Genibrel, président de l'Union maritime Nantes Port. Tournant depuis un mois au tiers de ses capacités, le quatrième port français se retrouve en concurrence directe avec d'autres ports de la façade atlantique comme Lorient. Dix-huit annulations d'escale sont comptabilisées tandis que la note s'alourdit pour les différents opérateurs. Ceux-ci rappellent que l'affrètement d'un navire coûte jusqu'à 115 000 dollars par jour et que tout retard dans le chargement et le déchargement entraîne des pénalités financières. «Avec ce mouvement, les conséquences économiques dépassent de loin la rentabilité de notre activité» , assure un chargeur. Pour soulager les entreprises, le Port autonome, qui dénonce «les baisses de cadences frisant le sabotage» , a décidé de ne pas facturer l'utilisation de ses outillages pour la période du 12 avril au 15 mai, tirant un trait sur une note de 703 000 euros.

Source : Le Figaro et AFP

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