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04.05.2008
La politique d'immigration des États-Unis
Service d'information du département d'État
Durant son second mandat, le président Bush a placé au premier plan de son programme national la réforme de la politique des États-Unis relative à l'immigration. Il faut dire, en guise de préambule, que l'économie et la diversité sociale de ce pays se fondent beaucoup sur les apports des générations successives d'immigrés à la société américaine. Pourtant, si l'accueil d'étrangers aux États-Unis, comme étudiants ou comme travailleurs, comporte des avantages, l'entrée illicite d'étrangers en situation irrégulière, surtout à travers la frontière mexicaine, pose problème et suscite un vif débat au sein de la société.
En effet, la politique d'immigration n'a pas réussi à endiguer l'afflux d'étrangers en situation irrégulière aux États-Unis. Ceux-ci y pénètrent en fraude à leurs risques et périls, souvent après la remise d'une certaine somme à des « passeurs ». D'où le risque d'abus et de sévices à l'encontre de ces sans-papiers. En outre, dans certaines régions, l'immigration pèse sur les salaires et réduit le nombre d'emplois. Bien que les économistes s'accordent pour reconnaître l'action généralement bénéfique de l'immigration sur l'économie américaine, certaines catégories sociales y ont en fait beaucoup à perdre. Aussi nourrissent-elles un sentiment d'hostilité à l'égard de tout immigré, sentiment qui se trouve renforcé par l'impression d'insécurité économique et sociale qui touche de nombreuses régions du pays, ainsi que par la montée de la criminalité dans les zones frontalières.
Le débat sur l'immigration entraîne la formation d'alliances politiques jamais vues sur d'autres sujets. La politique actuelle a le soutien des entreprises qui profitent des bas salaires accordés aux nouveaux venus, des groupes d'intérêts représentant certaines ethnies désireuses d'étendre leur influence politique, ainsi que des organisations de défense des droits de l'homme. Les partisans de la réforme et de la limitation de l'immigration sont les autochtones qui considèrent les immigrés comme une menace à la culture américaine, les écologistes qui s'inquiètent des effets nuisibles de la poussée démographique, et tous ceux qui craignent que les immigrés leur enlèvent leur gagne-pain. La question de l'immigration a creusé un fossé entre les tenants de l'économie de marché et les défenseurs de la culture américaine, et entre les militants des droits civiques et les écologistes.
En définitive, le président Bush n'a pas réussi à réformer la politique d'immigration. Les candidats à la présidence auraient-ils une stratégie à proposer ?
Mme Hillary Clinton souhaiterait accorder aux sans-papiers la possibilité de faire une demande de résidence légale. Elle a, par ailleurs, voté au Sénat en faveur d'une proposition de loi visant à la construction d'une clôture sur la frontière mexicaine. Elle appelle de ses vœux le renforcement de la sécurité aux frontières, mais s'oppose à ce que l'anglais soit déclaré langue officielle des États-Unis.
De son côté, M. John McCain estime que la sécurisation de la frontière avec le Mexique est un élément essentiel de la sécurité nationale du pays. Selon lui, tout immigrant doit apprendre l'anglais et suivre un cours d'histoire et d'instruction civique américaines. Il a parrainé un projet de loi prévoyant la mise en place d'un mécanisme électronique de contrôle d'identité qui permettrait à un employeur de vérifier l'état civil d'une personne. M. McCain souhaite mettre en place une politique modérée d'immigration comportant une meilleure sécurité à la frontière, un mécanisme de naturalisation pour les sans-papiers, et un programme de laissez-passer pour ouvriers saisonniers. Ses idées vont à contre-courant de l'orthodoxie républicaine.
Enfin, M. Barack Obama, fils d'immigré du Kénya, a voté plusieurs fois au Sénat en matière d'immigration. Il s'est opposé à ce que l'anglais soit déclaré langue nationale et voudrait que les immigrés en situation irrégulière, mais dont le casier judiciaire est vierge, puissent rester aux États-Unis moyennant le versement d'une amende et l'obligation d'apprendre l'anglais. Lors de l'examen d'une récente proposition de loi sur l'immigration au Sénat, M. Obama a proposé trois amendements prévoyant, primo, que le premier choix d'un emploi soit offert à un citoyen américain, secundo, que toute entreprise puisse garantir la validité des documents de travail de ses employés, et tertio que les enquêtes sur les candidats à l'immigration soient renforcées.
Source : usinfo.state.gov
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